Une fois le petit déjeuner pris, le plein de gasoil fait et le pain acheté pour la journée, nous rejoignons la Suisse pour la suite de notre périple. C’est sur une étroite route, slalomant au milieu de la forêt, que nous passerons la douane. Notre but: rejoindre Noiraigue (canton de Neuchâtel), petite ville au pied du Creux du Van, site sur lequel nous avons jeté notre dévolu pour aujourd’hui. Nous y trouvons un parking au départ du parcours sur lequel nous prévoyons de randonner après le déjeuner.
La récompense
Nous voilà partis d’une allure sportive. Un démarrage pas évident s’annonce, des promeneurs sur le retour nous avaient prévenu: la montée, bien raide, n’en finit pas! On scrute le sommet à chaque tournant, espérant atteindre enfin le haut. Chaque pas compte, mais au virage suivant, le chemin s’étend à nouveau devant nous. Notre motivation : le cadeau qui nous attend à l’arrivée. Cette heure d’effort mêlera nos respirations saccadées, nos regards de compassion et nos mots d’encouragement, le repérage des balises et les quelques saluts aux promeneurs croisés. Après une bonne heure d’effort, nous sortons de la forêt, à 1464 m d’altitude. Le souffle coupé, mais cette fois par le spectacle que nous offre la vue au sommet: un amphithéâtre naturel de roche calcaire. Gigantesque, vertigineux, émouvant: ce sont les mots qui résument notre ressenti à cet instant là.
Une pause s’impose
Le plus dur est fait, il est temps de profiter de la vue et d’avancer sur le plateau du Soliat pour y découvrir tous ses détails. Nous y rencontrerons deux photographes passionnés nous faisant signe de nous approcher. Un bouquetin grimpait le long de la paroi, juste à nos pieds! Celui-ci nous a fait l’honneur, tel une statue, d’une pause propice à la photo. Nous mesurons notre chance, il s’agit de la seul harde de bouquetins du Jura. Une belle rencontre entre l’humain, l’animal et la nature, dans un respect mutuel.
Nous arpentons ce site magnifique, longeant le mur de pierres sèches érigé en guise de protection face au vide. C’est l’heure d’or pour le soleil, le moment parfait où la lumière rasante sublime le panorama qui s’offre à nous, avec en fond, les massifs du Jura et des Alpes. Nous reprenons le chemin en terminant la boucle d’une démarche soutenue malgré la fatigue. Ce n’est pas le moment de ralentir la cadence: le temps est compté par la nuit tombante. Nous retrouvons avec soulagement Joe, qui nous attend sagement tout en bas. Quel plaisir de retrouver notre van, de pouvoir se changer, se laver, et se poser un instant au chaud, dans notre petit chez nous, après cette magnifique balade. Après l’effort, la faim se fait vite ressentir et nous rêvons d’un plat qui saura récompenser nos kilomètres d’efforts. C’est tout décidé: nous nous mettons à la recherche d’une fondue suisse pour le diner.
Direction Neuchâtel
C’est à Neuchâtel, à une trentaine de minutes de là, que nous trouvons notre bonheur. Sur le papier, un restaurant traditionnel, situé aux abords d’un parc. A l’arrivée, une bâtisse au fond du parking, et une porte rouge éclairée qui se détache dans l’obscurité. Celle-ci poussée, nous nous retrouvons dans l’embarras d’un sas d’entrée lugubre et sans accueil. Le bruit étouffé des conversations nous parvient de derrière l’une des portes fermées, ponctuées par le cliquetis des couverts en action. Ambiance digne d’un restaurant clandestin! Signes d’étonnement et regards échangés… « Que fait-on, est-ce ici l’entrée? »
Allez, une respiration et on ouvre la porte avec timidité et curiosité. Nous entrons au milieu d’une salle bondée, les personnes attablées tournant le regard sur nous. L’hôte nous accueille avec un grand sourire et nous installe sur la dernière table disponible. Au menu, une fondue aux deux fromages (Gruyère Suisse et Vacherin d’Alpage), et un verre de Chasselas, vin blanc de la région… le tout très locavore, comme nous aimons! Le ventre rassasié et 400 g de délice plus tard, il est temps de rejoindre notre spot pour la nuit. Ce sera sur les hauteurs du lac, en pleine forêt; avec l’espoir de découvrir la vue au réveil.
Tentez l’expérience :
Pinte de Pierre-à-Bot, Route de Pierre-à-Bot 106, 2000 Neuchâtel, Switzerland
+41 32 725 33 80
Toujours de très beaux paysages.
L’entrée du restaurant en effet pas très accueillant, on dirait une entrée d’immeuble.
La salle de restaurant super accueillante et chaleureuse. Envie de s’y asseoir après une randonnée.