La vie en van, ce n’est pas uniquement profiter du paysage en se laissant guider par nos envies. Parfois, c’est aussi être confronté à des galères inattendues qui peuvent ternir le voyage. Alors mieux vaut s’y préparer (ou du moins en avoir conscience), pour ne pas que l’aventure tourne au cauchemar!
C’est exactement ce qui est arrivé lors de ce 4e jour de notre périple. Après une matinée tranquille à profiter du beau spot déniché la veille, nous avons quitté l’Ain pour rejoindre le massif de la Chartreuse. La journée qui a suivi a été un enchaînement de contraintes et de déconvenues!
Cette mésaventure nous a donné l’idée de lister les galères possibles en van (mieux vaut prévenir que guérir).
L’autonomie
Qui dit road-trip, demande une certaine autonomie en eau, énergie et nourriture. Pas d’erreur possible; il faut penser à contrôler régulièrement les niveaux. La bouteille de gaz vide, la batterie complètement déchargée ou la cuve d’eau à sec, au milieu de nulle part, s’avèrent problématique!
– l’ensemble de la partie électrique n’est pas encore terminée, et la batterie auxiliaire du van pas remontée. Nous n’utilisons donc pour le moment qu’une batterie portative pour alimenter le réfrigérateur, la pompe à eau de la cuve, et charger tous les appareils électroniques. Pour recharger cette batterie, deux solutions: en roulant (plusieurs heures), par la prise allume cigare du véhicule ou en la branchant sur une prise domestique (charge plus rapide, 1h environ). C’est à ce dilemme que nous avons été confronté dès notre départ ce matin là. La batterie s’est vidée durant la nuit: frigo éteint, pas d’eau au robinet pour la toilette ou la vaisselle, et faire une charge complète nécessite un temps de trajet trop long… Qu’à cela ne tienne, on a trouvé un plan B! Le relais savoyard sur notre route nous a gentiment dépanné. Après avoir mis les pieds sous la table et avalé un bon repas, nous sommes repartis repus, et notre batterie rechargée.
– côté cuisine, nous partons toujours avec un stock de bouteilles de gaz d’avance pour utiliser notre petit réchaud, tant que la plaque de cuisson de la cuisine n’est pas fonctionnelle. Nous avons aussi un placard dédié à l’épicerie sèche dans le van. De quoi cuire du riz, faire une sauce salade, ou ouvrir une boîte de thon ou de pois chiches. Reste le frais (fruit, légumes, viande, fromage) à acheter au fur et à mesure de nos balades. Nous aimons trouver de petits producteurs locaux et découvrir les spécialités régionales, mais nous finissons parfois au supermarché du coin par défaut. En général nous avons tout de même chaque jour de quoi cuisiner un plat sympa, avec un peu d’anticipation et de créativité.
– pour l’eau, nous sommes pas mal rodés depuis les précédents voyages. Pas de difficulté à noter de ce côté, puisque nous sommes passés de 30 à 80L d’autonomie.
Où passer la nuit ?
Trouver un endroit où passer la nuit peut se révéler être un véritable défi. Comme nous en parlons dans l’article le choix de nos spots, nous continuons à utiliser l’application Park4night pour nous aider à trouver un coin sympa où dormir. Mais ce système a ses limites, et nous n’avons pas vraiment encore trouvé l’organisation idéale!
– face à l’engouement pour la vanlife, les spots attrayants sont vite pris d’assaut, surtout en haute saison
– certains spots répertoriés sont parfois inaccessibles, interdits, trop bondés, pas à notre goût
– selon les régions, les lieux autorisés pour camper sont plus rares
C’est ainsi que la recherche du lieu peut prendre parfois un certain temps, amputant une partie de notre journée à tourner en rond. Nous avions pourtant prévu de nous y prendre à l’avance, cette fameuse journée. L’idée étant d’arriver tôt à destination, histoire de se poser un peu! Mais nous avons enchainé les kilomètres à monter et descendre par les routes de montagne, à passer de part et d’autre des rives de l’Isère, allant de déception en déception à chaque spot trouvé. L’heure de trouver un point d’ancrage avant la tombée de la nuit s’est imposée. Fatigués et à bout de patience, nous avons fini par nous réfugier à côté d’une église. C’est loin d’être l’endroit dont on rêvait pour passer la soirée (bien entamée). Nous avons pu toutefois nous satisfaire de la présence de poubelles, toilettes et point d’eau à proximité!
La météo
Profiter de la vie en plein air par beau temps c’est chouette, mais imaginez devoir composer avec une météo capricieuse lorsque que vous devez vous contenter d’un van aménagé comme abri. Tout devient plus compliqué (mais pas impossible) pour se laver, aller faire pipi, cuisiner. Le quotidien est restreint à 6m2! S’il fait froid, c’est plus dur, le chauffage stationnaire de Joe n’est pas encore opérationnel. Cela va devenir nécessaire pour les saisons à venir, afin de continuer à profiter avec des températures plus basses. Quant à la pluie en vacances, c’est toujours décevant. N’empêche qu’avec un bon K-Way, ce n’est pas quelques gouttes qui vont nous arrêter!
La proximité
Vivre dans un espace restreint est un bon exercice pour tester le couple. Pas beaucoup de moyens pour s’isoler, on vit 24h sur 24h ensemble dans une seule « pièce ». Les mauvaises habitudes de l’un ou de l’autre peuvent vite agacer et tout peut être prétexte à des disputes. La première règle est une bonne organisation des affaires dans le van. Chaque chose à sa place, pour ne pas envahir l’espace. Deuxième règle, apprendre la patience. Effectuer les tâches du quotidien demande une synchronisation bien orchestrée et tout prend plus de temps. Ensuite il faut un peu de détachement dans les situations de stress, et une pointe d’humour pour dédramatiser les choses! Question intimité, quand la douche solaire à l’extérieur n’est pas de mise (trop froid, trop de vent, trop tard), c’est toilette au gant devant le lavabo. Le séjour et la chambre faisant aussi office de salle de bains, la pudeur n’est pas de rigueur. Vous l’aurez compris, il faut mieux bien s’entendre avec son compagnon de route!
Pour conclure, le secret réside surement dans l’anticipation (des besoins, de l’itinéraire). Mais il est aussi bon de se perdre, pour laisser plus de place aux surprises. Elles sont l’essence même de ce mode de voyage, et elles nous poussent à nous dépasser quand elles sont mauvaises. Ainsi, on savoure encore plus les moments où tout roule, et avec le recul, ces galères deviennent de bons souvenirs.